La visualisation n’est qu’un des moyens utilisés par les sophrologues dans le cadre de leur accompagnement ; et pas seulement les visualisations de « détente » qui consistent à guider et à faire voyager dans un endroit agréable avec ou sans musique ou sons de la nature qui sont avant tout relaxantes. Ces relaxations peuvent être très utiles pour découvrir l’état de relaxation, physique et mental, une découverte parfois surprenante : jamais de ma vie je n’avais ressenti ça, m’a dit un patient...mieux et moins cher que la cannabis m’a dit un autre lors d’une séance à l’hôpital où l’objectif était justement de l’aider à se se détendre et à couper un peu les ruminations mentales anxieuses.
La visualisation permet aussi de trouver et d’accéder à son endroit ressource, un ancrage, un lieu que l’on peut faire venir, que l’on peut revivre par les sens quand le besoin s’en fait ressentir. Un espace mental protecteur, rassurant qui permet une « respiration ».
La visualisation en préparation mentale permet de se préparer dans les meilleures conditions à un événement vécu sur un mode anxiogène ou angoissant : examen, épreuve sportive, geste médical etc. Bien évidemment, on ne peut pas agir sur le cadre extérieur (examinateurs, concurrents, médecins) mais on peut s’imaginer en pleine possession de ses moyens, dans un état de confiance qui facilite grandement le vécu de l’événement. Autrement dit, c’est comme si on avait déjà vécu plusieurs fois l’événement dans des conditions optimales et il est comme vidé de sa charge anxiogène ( il reste toujours un peu de trac, celui-ci reste dans les limites raisonnables et agit davantage comme un booster).
Dans un témoignage passionnant, le jeune nageur (21 ans) Mattéo Lutum qui a battu le record de la plus longue nage en piscine (50 heures !) témoigne de l’aide que lui apportent la visualisation et la méditation :
… Le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu’il pense et ce qu’il fait. Les mêmes zones sont activées quand on pense à un truc et quand il nous arrive. Cela me permet de ne pas stresser quand il se passe un imprévu, parce que j’ai déjà visualisé ce que je dois faire. Je sais comment je dois réagir, j’ai mon petit protocole et rapidement, je passe à autre chose. Parce que le stress nuit énormément à la performance. Ça et la négativité : j’ai toujours un discours hyper positif. J’évite aussi au maximum les phrases du type » je dois le faire « , » il faut que je le fasse « . Le cerveau n’aime pas ce genre d’obligations...
(témoignage à lire intégralement ici)
Une étude récente intitulée « Cognition incarnée, quand le cerveau ressent ce qu’on lit«
a été évoquée sur France Culture ; elle témoigne de l’influence des mots en lien avec des sensations désagréables (je brûle, je grelotte, je me cogne,..) lorsqu’ils sont lus avec l’activation de la zone de l’insula postérieure, une région du cerveau qui est activée de la même manière lorsque que la sensation est vécue pour de vrai.
On savait déjà qu’imaginer une action active les mêmes zones motrices que celles activées lors de l’exécution du mouvement, cette fois c’est comme si le corps vivait la sensation évoquée par le mot lu
En sophrologie nous avons pu vérifier de façon intuitive que le corps réagit au mot pensé ou dit à haute voix, et cette étude vient nous confirmer ce lien.
Un atout précieux pour lutter contre la douleur par exemple.