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Projet ou rêve ?

Actuellement il nous est difficile de faire des projets datés, nous sommes soumis aux aléas du virus et des mesures sanitaires et politiques qui en découlent. Sans certitude quant à la possible réalisation d’un projet nous préférons souvent ne pas en faire. Si vivre au présent présente bien des avantages, le manque de projets fait pourtant souffrir de nombreuses personnes et favorise frustrations et peurs.

Tout à fait par hasard, si tant est que le hasard existe, j’ai ouvert un magazine déjà assez ancien (2014)* sur un article intitulé « Combat pour mon fils » ; il s’agit d’un homme, Rupert Isaacson, dont le fils de 2 ans a été diagnostiqué autiste et qui va, avec sa femme, trouver un chemin d’accès vers son fils grâce aux animaux (pour en savoir plus, ses livres : L’enfant chevalL’enfant et le cheval de vent et aussi un film : Horseboy)


L’extrait sur lequel je suis « tombée » je le reproduis ici, il m’a vraiment « sauté au visage » :

« – … Que vous évoque le mot espoir ?

– (RI) : Ce n’est pas un mot que j’utilise souvent. pour moi, l’espoir est lié au désir, et le désir induit la souffrance. En filigrane, il y a toujours la crainte de ne pas obtenir ce que l’on veut. Très tôt dans ma vie d’adulte, j’ai essayé- avec plus ou moins de succès- de mettre de côté mes espoirs et mes peurs pour privilégier mes rêves. Le rêve me semble plus constructif. Quand on rêve, on crée, on va de l’avant. Se projeter ainsi est un voyage …. Cette part de rêve en nous est, à mon sens, une composante essentielle de notre humanité (p21). 

Par le rêve, je crée du possible. Là où le projet me confronte à mes peurs (oui mais… si jamais… j’y arriverai pas…) et me limite, le rêve m’ouvre des espaces.

Si je ne rêve pas, je me limite à mes propres croyances, sur moi-même, (mes capacités par exemple, ou mes finances) ou sur le monde. Sous prétexte de rationalité, je me restreins, je me freine, je me bloque. Et combien de fois ai-je bloqué les autres, incapable d’accompagner leurs rêves?

Ceci rejoint les propos de Bhakti **  qui nous dit que le rêve est vibration, intention, qui nous parle de la nécessité de porter nos rêves, c’est à dire une vision qui nous est chère. Et combien c’est essentiel en ces temps difficiles de rêver collectif pour vivre dans un monde meilleur.

Créer ce n’est pas penser, c’est échapper au contrôle du mental, c’est s’ouvrir des possibilités , et la sophrologie peut nous y aider en endormant notre rationalité pour nous laisser entrer au coeur de nos rêves.

* Revue INEXPLORÉ, hors série n°3, « Les forces vives de l’espérance » voir : https://www.inrees.com/
** https://www.natureetconscience.com/